
Edifié à partir de 1308 sous l’impulsion des consuls de la ville, le Pont Valentré est l'un des exemples les plus remarquables d'architecture militaire médiévale en Europe. Ce pont fortifié, qui enjambe le Lot avec ses huit arches et ses trois tours carrées culminant à 40 mètres, protégeait l'accès occidental de la presqu'île de Cahors. Sa construction fut si longue — près de soixante-dix ans — qu'elle donna naissance à la célèbre légende du diable. On raconte que l'architecte, désespéré par la lenteur des travaux, aurait passé un pacte avec Satan pour obtenir son aide. Pour sauver son âme à la fin du chantier, l'homme aurait berné le malin en lui demandant l'impossible : rapporter de l'eau dans un crible. Pour se venger, le diable arrachait chaque nuit la dernière pierre de la tour centrale. Lors de la restauration du monument par Paul Gout en 1879, une petite sculpture de diablotin fut ajoutée à l'angle de cette tour pour immortaliser le mythe. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle, le pont Valentré demeure aujourd'hui l'emblème indissociable de la cité cadurcienne.